
Alors que la crise sécuritaire dans l’Est de la République Démocratique du Congo continue d’impacter lourdement la jeunesse congolaise, la ville de Kisangani se retrouve en première ligne pour accueillir des centaines d’étudiants en quête d’avenir. Saisissant la plénière de ce lundi 5 octobre 2026 à l’Assemblée provinciale de la Tshopo, l’honorable Freddy Yuma, député provincial élu de la ville de Kisangani, a porté haut et fort la voix de plus de 200 étudiants déplacés venus de Goma et de Bukavu. Par une intervention poignante et rigoureuse, l’élu du peuple a remis l’humain et la solidarité nationale au cœur de l’action publique.Le contexte de cette prise de parole s’inscrit dans une situation particulièrement délicate.
Le 20 août 2026, face à la dégradation du climat sécuritaire dans l’Est du pays, la ministre de l’Enseignement supérieur, Recherche scientifique et Innovation prenait la décision prudente de suspendre les activités académiques et para-académiques dans les établissements de Goma et Bukavu. Une dérogation spéciale avait néanmoins été accordée aux étudiants finalistes de l’année académique 2025-2026, les autorisant à poursuivre leur cursus au sein d’autres universités et instituts supérieurs légalement établis du pays.
N’ayant d’autre choix que l’exil académique pour sauver leur parcours, plus de 200 étudiants ont fait le choix de rejoindre le grand centre intellectuel de la Tshopo : Boyoma Singa Mwambe. Cependant, dès leur arrivée à Kisangani, l’espoir de poursuivre leurs études s’est rapidement heurté à la dure réalité du quotidien.
Loin de se contenter des rapports de couloir, l’honorable Freddy Yuma a tenu à prendre la mesure de la situation directement sur le terrain. Le 30 septembre dernier, le député provincial a accordé une audience attentive à la délégation de ces étudiants déplacés.
Les récits recueillis lors de cette rencontre ont dressé le portrait d’une précarité alarmante, marquée par l’absence de logement décent, d’énormes difficultés d’approvisionnement en nourriture, la lourdeur des frais académiques et de multiples embûches administratives liées à leur réintégration.
Sur le plan humanitaire et sanitaire, la situation décrite par le parlementaire interpelle au plus haut point. Dans certains quartiers de la ville, plus de huit étudiants s’entassent désormais dans une seule pièce exiguë. Un niveau de promiscuité particulièrement préoccupant qui prend une tournure encore plus grave alors que la province fait face au contexte sanitaire délicat de la maladie d’Ebola.
Du haut de la tribune de l’Assemblée provinciale, l’honorable Freddy Yuma a martelé avec fermeté que derrière ce chiffre, ce sont plus de 200 parcours académiques, plus de 200 situations familiales et surtout plus de 200 jeunes qui cherchent simplement à poursuivre leur formation dans des conditions acceptables.

Par cette motion d’information remarquablement structurée, cet élu du pleuplé démontre une fois de plus sa proximité constante avec la population et son sens aigu des responsabilités. Refusant de voir ces jeunes sombrer dans le désespoir ou céder à la délinquance par manque de soutien, le parlementaire a rappelé que la dignité humaine et le droit à l’éducation ne doivent en aucun cas être sacrifiés sur l’autel de la crise sécuritaire.
Selon l’élu de Kisangani, ces jeunes n’ont pas quitté leur province pour rechercher le confort, mais bien par amour pour le savoir et la patrie. Kisangani, terre d’hospitalité historique, se doit dès lors d’incarner un refuge digne et structuré pour ces futurs cadres de la nation.
Ne s’arrêtant pas au simple constat, l’élu du MLC a formulé une feuille de route claire et opérationnelle destinée au bureau de l’Assemblée provinciale, au gouvernement provincial de la Tshopo ainsi qu’aux autorités académiques locales. Sa proposition s’articule autour de quatre recommandations majeures.
Tout d’abord, il préconise la mise en place urgente d’un mécanisme provincial d’accueil et d’identification permettant de recenser rigoureusement tous les étudiants déplacés afin de cartographier leurs établissements d’origine, leurs filières, leurs niveaux d’études et leurs besoins prioritaires. En second lieu, il plaide pour une facilitation académique accélérée visant à assouplir et sécuriser les procédures d’admission, d’inscription et d’intégration au sein des institutions supérieures de Kisangani.
Sa troisième recommandation porte sur la mise en place d’un dispositif d’hébergement temporaire d’urgence, passant par l’identification de campus, internats, foyers sociaux ou bâtiments publics pouvant accueillir dignement les étudiants dépourvus de famille dans la ville. Enfin, le député provincial appelle à examiner la possibilité d’accorder des facilités de paiement ou des exonérations ciblées sur certains frais académiques, en tenant compte de la détresse financière des familles restées dans les zones de conflit.
En concluant son plaidoyer sous les applaudissements de la plénière, l’honorable Freddy Yuma a lancé un appel vibrant à la solidarité nationale, rappelant que ces jeunes ont quitté leur université, leur famille, leurs habitudes et leur environnement, mais qu’ils n’ont pas abandonné leurs études, et qu’il ne faut surtout pas les obliger, par manque de soutien, à abandonner ce qu’ils ont courageusement décidé de poursuivre.
Par cet acte parlementaire empreint de leadership et d’humanisme, l’élu de Kisangani démontre que sa ville doit demeurer le bastion de la solidarité, suscitant l’attente d’une réaction rapide et concrète des autorités provinciales.
Rédaction
