
Par un communiqué de presse incisif rendu public le 29 septembre 2026 à Kisangani dont une copie est prévenue à la rédaction de Force Info, l’Association des Professeurs de l’IFA-Yangambi (APIFA) réagit à la liquidation de la première tranche de leur paie complémentaire. Entre soulagement mesuré, rappel ferme des engagements de l’État et exigence d’équité territoriale, le corps professoral de ce joyau de la recherche agronomique congolaise refuse de transformer une avancée partielle en victoire définitive.
Un soulagement sous le signe d’une gratitude mesurée
La nuit du 28 au 29 septembre 2026 s’est achevée sur une note d’apaisement relatif au sein de l’Institut Faculté des Sciences Agronomiques (IFA-Yangambi). La première tranche de la paie complémentaire due au personnel a enfin fait l’objet d’un crédit effectif.
Face à ce dénouement, le comité directeur de l’APIFA sous la signature conjointe de son Président, le Dr Ir Faustin Ngama (Professeur Ordinaire), et de son Secrétaire Exécutif Rapporteur, le Dr Ir Antoine-Billy Bolakonga (Professeur Ordinaire), a promptement réagi.
A en croire ledit communiqué de presse (N° 02 /APIFA/2026), les professeurs prennent acte avec satisfaction de la concrétisation de ce versement. Ils expriment leur gratitude envers le Gouvernement de la République pour le déblocage de ces fonds, tout en saluant l’accompagnement technique et la diligence de la Trust Merchant Bank (TMB), dont la collaboration active a permis l’aboutissement effectif des opérations financières.
1.Une première étape à saluer, sans occultation des retards accumulés
Si la courtoisie institutionnelle est de rigueur, l’APIFA n’entend pas pour autant faire preuve d’amnésie. Le texte rappelle fort judicieusement que ce virement, bien que salutaire, intervient à l’issue d’une attente éprouvante de plusieurs semaines.
Pour les universitaires de Yangambi, l’équation est claire : « Reconnaître l’avancée n’efface donc ni le retard enregistré ni les attentes encore pendantes ». Ce premier geste gouvernemental est certes perçu comme un signal positif au service du dialogue social, mais il ne saurait masquer les failles managériales qui entachent la régularité des rémunérations au sein de l’Enseignement Supérieur, Universitaire et de la Recherche Scientifique (ESURSI).
2.L’urgence de la suite : Trois mois d’arriérés toujours en suspens
Le principal point de friction réside désormais dans le reliquat. L’APIFA rappelle avec insistance au Pouvoir Central ses engagements contractuels : trois mois de paie complémentaire demeurent impayés.
L’association syndicale exige une planification financière rigoureuse, prévisible et sans délai pour l’apurement total de cette dette salariale. Il en va de la dignité, mais surtout de la stabilité socio-économique du corps professoral. Des retards récurrents et prolongés ne font que fragiliser inutilement les conditions de vie, d’existence et de travail d’enseignants déjà confrontés aux exigences complexes de la recherche agronomique en RDC.
3.Justice et équité : Pour une paie synchronisée et sans marginalisation
L’un des apports majeurs et les plus poignants de cette déclaration réside dans le plaidoyer pour la synchronisation des paiements. L’APIFA soulève une injustice systémique trop souvent ignorée : le décalage discriminatoire des paies entre la capitale et les provinces.
L’APIFA insiste vigoureusement pour que les prochaines opérations de paie complémentaire soient exécutées de manière parfaitement synchronisée entre tous les établissements du pays et leurs banques payeuses respectives.
« Les personnels des établissements de l’intérieur du pays ne peuvent être servis avec plusieurs jours ou semaines de décalage, comme s’ils relevaient d’un régime de moindre priorité », martèle le communiqué.
Pour le syndicat, l’équité républicaine exige une mise en œuvre simultanée, transparente et exempte de toute forme de discrimination spatiale ou institutionnelle dans la distribution des ressources salariales de l’État.
4.Le rappel des fondamentaux : Les engagements structurels de Bibwa I et II
Au-delà de la gestion au coup par coup des arriérés de salaire, l’APIFA recadre le débat sur les véritables réformes structurelles attendues par l’ensemble de la communauté scientifique.
L’association rappelle que les accords de Bibwa I et II, issus des négociations directes entre le Gouvernement et le banc syndical de l’ESU, ne doivent pas rester une lettre morte.
Pour que la paix académique soit durable, l’APIFA réitère avec force la matérialisation de sa grille de revendications fondamentales :
– L’amélioration durable et substantielle de l’enveloppe salariale globale et des conditions matérielles de travail ;
– L’alignement salarial au grade pour toutes les catégories de professeurs, garantissant une justice rétributive ;
– La concrétisation effective de la prime de recherche, moteur indispensable de l’innovation scientifique ;
– La livraison effective des véhicules promis aux professeurs, condition sine qua non à leur mobilité professionnelle ;
– La prise en charge financière et le paiement effectif des nouveaux docteurs à thèse nouvellement promus ;
– L’exécution loyale, transparente et non discriminatoire de l’ensemble des engagements pris par l’État.
5.Une vigilance syndicale inébranlable
En conclusion de leur missive, les enseignants de l’IFA-Yangambi réaffirment leur attachement indéfectible à la voie du dialogue social constructif. Toutefois, ils rappellent une vérité fondamentale de la gouvernance publique : la crédibilité d’un dialogue ne se mesure qu’à la lumière du respect strict de la parole donnée.La résolution du comité de l’APIFA se résume en une formule choc inscrite en lettres de noblesse au bas de leur déclaration : « UNE AVANCÉE N’EFFACE PAS LES ENGAGEMENTS : L’APIFA RESTE VIGILANTE JUSQU’À LEUR EXÉCUTION INTÉGRALE ».
La balle est désormais dans le camp du Gouvernement de la République, attendu au tournant pour la liquidation intégrale des trois mois restants et la concrétisation des promesses de Bibwa.
Jerry Lombo
