
Le territoire de Bafwasende, le plus vaste de la province de la Tshopo, se retrouve une fois de plus au cœur d’une double équation complexe : protéger la population contre les menaces épidémiologiques majeures d’une part, et préserver le climat de confiance sécuritaire de l’autre. Alors que l’administration territoriale accentue la sensibilisation contre la résurgence du virus Ebola, la Société Civile Forces Vives locale tire la sonnette d’alarme face aux dérives attribuées à certains éléments militaires déployés dans la région.
Face à la persistance et aux risques de propagation de la maladie à virus Ebola dans la province de la Tshopo, l’Administrateur du territoire de Bafwasende a engagé une vaste campagne de sensibilisation et de riposte communautaire.L’objectif est clair : prévenir toute infiltration du virus au sein des communautés rurales.
L’administration territoriale appelle les leaders communautaires, les chefs de chefferies et la population locale à adopter une rigueur stricte dans le respect des mesures barrières et des protocoles d’hygiène :
– Lavage fréquent des mains à l’eau propre et au savon ou avec des cendres dans les zones dépourvues d’eau potable.
– Vigilance renforcée sur la viande de brousse, en évitant la manipulation des carcasses d’animaux trouvés morts en forêt.
– Alerte précoce en signalant immédiatement tout cas suspect présentant des symptômes de fièvre hémorragique auprès des centres de santé les plus proches.
Cette mobilisation des autorités administratives vise à couper la chaîne de transmission potentielle et à protéger les vies humaines à travers une conscience collective aiguisée.
Parallèlement au défi sanitaire, la situation sécuritaire suscite une vive préoccupation au sein de la population. L’acteur de la Société Civile Forces Vives de Bafwasende, Patrick Ibrahim, hausse publiquement le ton contre les tracasseries et comportements attribués aux éléments de l’unité dite « Unité Jungle » déployés sur l’axe stratégique Opienge – Balobe.
Selon les données et témoignages relayés par Patrick Ibrahim, l’axe routier reliant Opienge à Balobe subit une pression déplorable marquée par :
– L’érection de barrières illégales : Des points de contrôle non autorisés où des sommes d’argent et des prélèvements en nature sont exigés des commerçants, agriculteurs et usagers de la route.
– Les exactions et tracasseries administratives : Une restriction abusive de la circulation des personnes et des biens, asphyxiant l’économie locale déjà fragile.
– La détérioration du climat de confiance : Un fossé grandissant entre les citoyens et les forces armées censées assurer leur protection face aux bandes armées isolées de la région.

Patrick Ibrahim : Acteur Soc.Civ.
Pour la Société Civile Forces Vives de Bafwasende, une riposte sanitaire ne peut porter ses fruits que si la population vit dans un environnement sécurisé et respectueux de la dignité humaine. La combinaison des tensions sécuritaires et des urgences sanitaires fragilise considérablement les ménages ruraux.Les recommandations de la Société Civile :
– Recadrage disciplinaire : Un appel pressant lancé à la hiérarchie militaire des FARDC et aux autorités provinciales pour interdire les barrières tracassières et rappeler à l’ordre les éléments impliqués dans des abus sur l’axe Opienge-Balobe.
– Synergie Sécurité-Santé : Permettre aux équipes sanitaires de circuler librement et sans contraintes financières ou sécuritaires pour sensibiliser et intervenir dans les zones éloignées.
– Collaboration Citoyenne : Renforcer le dialogue civilo-militaire afin que l’armée demeure un bouclier pour la population et non une source de tracas au quotidien.
L’avenir du territoire de Bafwasende repose aujourd’hui sur cet équilibre fragile : une population vigilante sur le plan sanitaire et une autorité de l’État qui garantit la sécurité, la libre circulation et la justice pour tous.
Rédaction
