IFA-Yangambi| DES : Comment l’étude de l’Ir Fiston Ramazani sur la recolonisation végétale réinvente la protection du Jardin Zoologique et Botanique de Kisangani

Spread the love

Ce vendredi 04 septembre 2026, la prestigieuse salle des machines de l’Institut Facultaire des Sciences Agronomiques de Yangambi (IFA-Yangambi) a vibré au rythme d’une soutenance scientifique d’exception. L’Ingénieur Fiston Ramazani Andjongo y a défendu publiquement son Diplôme d’Études Supérieures, abordant une problématique d’une actualité brûlante à travers son thème intitulé : « Analyse de la recolonisation de la floristique des espaces dégradés du Jardin Zoologique et Botanique de Kisangani, Province de la Tshopo, RDC ».

Dans un exercice d’une grande maîtrise, le chercheur a d’abord exposé la synthèse de son travail avant d’apporter des réponses claires, étayées et convaincantes aux nombreuses interrogations formulées par le jury d’experts.

L’objectif central de cette recherche de terrain consistait à évaluer la diversité floristique, la structure du peuplement végétal et la dynamique de la régénération naturelle, tout en mesurant précisément les disparités écologiques entre les espaces anciennement et récemment dégradés du Jardin Zoologique et Botanique de Kisangani.

Pour y parvenir, l’auteur a déployé un protocole rigoureux d’échantillonnage reposant sur des placettes subdivisées en sous-placettes. Cet inventaire minutieux des espèces ligneuses a ciblé en priorité les arbres dont le diamètre à hauteur de poitrine atteint ou dépasse dix centimètres, tout en analysant la strate des régénérants et la composition de la flore herbacée.

Les conclusions de l’étude révèlent une dynamique encourageante, confirmant que le processus de recolonisation floristique est bel et bien amorcé dans ce poumon vert urbain. Toutefois, cette trajectoire varie selon la localisation et l’historique de dégradation des sites, affichant une densité de 75 à 475 pieds par hectare dans les espaces récemment dégradés, contre une fourchette de 75 à 400 pieds par hectare au sein des zones anciennement dégradées.

Sur le plan structural, la distribution des diamètres adopte une courbe caractéristique en J inversé, traduisant la présence massive de jeunes individus et témoignant d’une belle vitalité dans le renouvellement du peuplement. Parallèlement, la répartition des hauteurs indique une nette concentration des arbres dans les classes intermédiaires, signe d’un écosystème forestier en pleine phase de reconstitution.

Sur l’échiquier écologique, des essences emblématiques telles que Millettia laurentii, Pycnanthus angolensis et Terminalia superba s’imposent comme les véritables piliers du milieu. Leur importance majeure découle directement de leurs fortes densités, de leur surface terrière élevée, de leur dominance relative et de leur Indice de Valeur d’Importance remarquable. En outre, si la régénération naturelle apparaît globalement abondante, en particulier dans les classes de hauteur S3 et S4, le chercheur souligne néanmoins une faible proportion de très jeunes semis, révélant un recrutement récent encore fragile.

L’examen des indices de biodiversité confirme une richesse floristique remarquable, marquée par des différences de composition subtiles mais bien réelles entre les habitats. À ce sujet, l’équitabilité de Piélou témoigne parfois d’une répartition homogène des individus, grimpant jusqu’à un indice de 0,91 entre les placettes P6 et P17. En contrepartie, la faiblesse relative de l’indice de similarité de Jaccard vient mettre en lumière une divergence marquée dans la composition floristique de ces deux types d’écosystèmes.

Au final, cette somme de données scientifiques démontre incontestablement que le Jardin Zoologique et Botanique de Kisangani possède un formidable potentiel de régénération naturelle spontanée. Cependant, pour pérennisations ces acquis, l’étude préconise la mise en place d’une gestion écologique ciblée, fondée sur la protection stricte des jeunes pousses, la limitation des pressions anthropiques et le contrôle réfléchi du tapis herbacé.

À l’issue de présentations brillantes et de délibérations rigoureuses, le jury a récompensé la valeur exceptionnelle de cette contribution scientifique en lui décernant la mention « Distinction ».

Ce travail scientifique majeur a été évalué par un jury composé d’éminents enseignants-chercheurs. La présidence a été assurée par le Professeur N’shimba Seya de l’UNIKIS, assisté du Docteur Azenge Bokoy de l’IFA-Yangambi dans le rôle de Secrétaire. La direction scientifique des travaux était portée par le Professeur Yenga Bombeku de l’IFA-Yangambi en qualité de Promoteur, épaulé par le Professeur Lisingo Wa Lisingo de l’UNIKIS comme Co-promoteur.

Le jury comptait également parmi ses membres le Professeur Bondombe Wa Yalokombe de l’IFA-Yangambi, ainsi que le Professeur Mbayo de l’UNIKIS et le Docteur Ambakina Lisembi de l’IFA-Yangambi, tous deux intervenant en qualité de membres Suppléants.

La rédaction du média en ligne Force Info, adresse ses sincères félicitations au nouveau Doctorant, l’Ir Fiston Ramazani.

Jerry Lombo


Spread the love

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *