
Au cœur des tumultes politiques qui secouent régulièrement la province de la Tshopo, le dossier brûlant de la réhabilitation de la Route Nationale 7 (RN7), reliant Kisangani à Opala, suscite autant de passions que de contestations. En pleine période de vacances parlementaires, le député national et professeur Patrick Matata Makalamba s’est prêté sans détour au jeu de la redevabilité face à la jeunesse de Makiso et aux cadres de l’UDPS. Loin des invectives stériles, le parlementaire a livré un plaidoyer rigoureux pour le retour à l’ordre institutionnel, la séparation des pouvoirs et la maturité du débat public.
Entre sensationnalisme et justice : la charge de la preuveFace aux rumeurs persistantes d’un prétendu détournement des fonds alloués à cet axe routier stratégique de plus de 128 kilomètres, l’élu de Kisangani remet l’église au centre du village. Rappelant la maxime juridique fondamentale selon laquelle la charge de la preuve incombe à l’accusateur, le professeur Matata dénonce la théâtralisation de la vie politique.
Pour lui, la gestion des deniers publics et le désenclavement des territoires ne sauraient servir de carburant à la calomnie ou aux guerres d’égos partisanes. Si des infractions financières existent, le canal légitime demeure l’appareil judiciaire, avec le Procureur général comme seul arbitre habilité, et non la vindicte populaire ou les réseaux sociaux.
La réalité des chiffres face à la désinformationSur le plan économique, le député a tenu à confronté les accusations aux réalités du terrain d’ingénierie civile. En précisant que le coût d’une infrastructure routière moderne dans cette partie du pays oscille entre 1,5 et 1,8 million de dollars américains par kilomètre, Patrick Matata Makalamba invite la population à un calcul rationnel. La RN7 étant une artère vitale nécessitant des investissements colossaux, aborder la question financière exige de mesurer la consistance des enveloppes réellement débloquées plutôt que de se livrer à des spéculations légères.
Député ou commerçant : le rappel à l’ordre déontologiqueLe point le plus saillant de cette intervention touche à l’essence même du rôle de l’élu. Évoquant la tentative d’un parlementaire de s’octroyer le marché public de la RN7 avant de crier au loup après son éviction, Patrick Matata a fustigé la confusion des genres.
Un représentant du peuple n’a pas pour mission d’être un homme d’affaires en quête de marchés publics, mais bien d’assurer le contrôle de l’action gouvernementale et de voter des lois utiles à la collectivité. Ce rappel à l’ordre, formulé avec gravité, vient marquer la frontière indispensable entre la défense de l’intérêt général et la poursuite d’intérêts mercantilistes individuels.
Jerry Lombo
