
Alors que les derniers échos des célébrations du mois de mars s’estompent dans les rues de la capitale provinciale, l’heure est au bilan. Pour le Cadre de Concertation de la Femme (CCF) au Kasaï Central, ce n’est pas un point final, mais un nouveau départ. Sa présidente provinciale, Felicia Mutshimakola, a dressé un portrait empreint de satisfaction mais surtout de détermination lors de la clôture officielle du mois dédié aux droits des femmes.
Loin des simples discours protocolaires, le CCF a multiplié les interventions de terrain tout au long du mois de mars. Felicia Mutshimakola ne cache pas son enthousiasme face aux progrès accomplis. Pour elle, la mobilisation a été à la hauteur des enjeux, permettant de mettre en lumière les défis structurels auxquels font face les femmes Kasaïennes.
Toutefois, la présidente a tenu à recadrer le débat avec fermeté : “Le mois de mars est réservé uniquement pour les droits des femmes, mais notre lutte continue. Les femmes ne peuvent pas baisser les bras”.
Ce message résonne comme un cri de ralliement. Pour le CCF, la défense des droits n’est pas une activité saisonnière, mais un engagement de chaque instant qui doit se poursuivre bien au-delà des festivités annuelles.
Le point le plus saillant et le plus succulent de son intervention concerne la vulnérabilité des jeunes filles en milieu professionnel. Alors que les vacances de Pâques approchent, de nombreuses élèves des humanités profitent de cette période de deux semaines pour effectuer leurs stages de fin de cycle.
C’est ici que Felicia Mutshimakola tape du poing sur la table. Elle dénonce une réalité souvent tue : le harcèlement et les violences basées sur le genre (VBG) perpétrés par certains encadreurs de stage qui abusent de leur autorité.
Les conseils de la Présidente aux stagiaires :
– Briser le silence : Ne jamais accepter l’inacceptable sous prétexte d’obtenir une bonne note ou un certificat de stage.
– Dénoncer immédiatement : Signaler tout comportement suspect, attouchement ou proposition indécente.
– La vigilance comme bouclier : Rester professionnelle tout en étant consciente de ses droits fondamentaux.
“Nos jeunes filles profitent du congé de deux semaines à l’occasion des Pâques afin d’effectuer leurs stages. C’est pour nous une occasion de les exhorter à crier à chaque fois qu’elles sont victimes de violences”, a-t-elle insisté, rappelant que le silence est le meilleur allié du bourreau.
L’appel du Cadre de Concertation de la Femme est clair : la société doit faire bloc autour de ces jeunes filles. Felicia Mutshimakola interpelle également les parents et les autorités scolaires pour qu’un suivi rigoureux soit mis en place durant ces immersions professionnelles.
Le message est passé à Kananga et dans les territoires environnants. Le mois de mars s’achève, mais la vigilance, elle, entre en phase d’alerte maximale. Pour Felicia Mutshimakola, la dignité de la femme kasaïenne se joue aujourd’hui dans les bureaux, les ateliers et les centres de stage où l’avenir de la province se prépare.
Doly Muntu, Correspondant depuis Kananga
