Tshopo|Ouverture de la Session de Mars 2026 : Au-delà des orages institutionnels, le président Mateus Kanga trace le sillon d’une province affamée de progrès et de dignité

Spread the love

Ce lundi 30 mars 2026, dans un hémicycle chargé d’histoire et d’attentes populaires, le Président de l’organe délibérantn de la Tshopo, l’honorable Mateus Kanga, a prononcé un discours d’ouverture d’une densité rare. Entre spiritualité, fermeté politique et urgence sécuritaire, le bâton de commandement a tracé la voie d’une province qui refuse désormais la fatalité.

D’emblée, Mateus Kanga a placé cette session sous le double signe de la rigueur juridique et de la transcendance. Rappelant les fondements de la Loi n°08-012 et son évolution en 2013, il a ancré l’action parlementaire dans la légalité républicaine. Mais c’est vers le Créateur que ses premiers mots ont convergé, rendant grâce au « Maître des temps » pour le souffle de vie.

Le contexte n’est pas anodin : cette session s’ouvre à la croisée des chemins spirituels. Alors que les chrétiens s’engagent dans le Carême et la marche vers la Pâque, et que la communauté musulmane a achevé le mois sacré du Ramadan, le Président Kanga y voit un signe de « convergence spirituelle ». Citant la Sourate 13, verset 11 « Dieu ne change pas l’état d’un peuple tant que les individus qui le composent ne changent pas ce qui est en eux », il a appelé à une métamorphose intérieure pour stabiliser la province.

Le passage le plus vibrant du discours fut sans conteste celui dédié à la survie de la nation. Face aux menaces qui « saignent » le pays, le Président a refusé deux pièges : la panique et l’indifférence.

« La moindre négligence peut ouvrir la voie à ceux qui cherchent à compromettre la paix », a-t-il martelé.

Il a solennellement appelé à la mise en place effective d’un Comité Provincial Élargi de Sécurité. L’idée est révolutionnaire : inclure les élus du peuple dans l’élaboration des stratégies de défense tout en redynamisant les comités locaux. Pour Mateus Kanga, la sécurité n’est plus l’affaire exclusive des bottes et des uniformes, mais une responsabilité partagée par chaque citoyen, dans chaque quartier de Kisangani et au-delà.

L’hommage aux autorités nationales a été marqué par une déférence marquée envers le Chef de l’État, Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo. Le Président de l’Assemblée a salué la « diplomatie agissante » qui a conduit à l’Accord de Washington, y voyant une lueur d’espoir pour l’économie régionale. De même, le rôle de la Première ministre Judith Tuluka, qualifiée de « pilier », a été souligné comme moteur de la matérialisation de la vision présidentielle.

Un hommage vibrant a également été rendu aux femmes de la Tshopo, piliers de la société, dont la dignité et la participation au développement constituent, selon lui, une priorité absolue.

Si le discours a célébré l’unité, il n’a pas manqué de dents face à la gestion de la province. Mateus Kanga a été d’une franchise décapante : « Notre peuple a besoin d’un bilan, et non de slogans répétés depuis dix ans ».

Le tableau dépeint est sombre :

– Crise Sociale : Des agents des services provinciaux impayés depuis des mois.

– Délabrement des infrastructures : L’état critique des routes de Mangobo à Isangi, en passant par Ubundu et Bafwasende.

– Insalubrité urbaine : Kisangani, autrefois joyau, est comparée à une « poubelle » sous le poids des déchets et de l’anarchie routière.

L’appel aux maires et bourgmestres a sonné comme un ultimatum : rétablissez l’ordre, car la complaisance est une trahison.

Abordant les tensions récentes qui ont secoué les institutions de la Tshopo, le Président Mateus Kanga a fait preuve de maturité politique. Loin de nier les divergences, il les a présentées comme des « tensions de croissance » nécessaires à la démocratie, citant Thomas Sankara sur l’esprit d’un peuple qui s’affirme dans la lutte.

Grâce à l’implication des députés nationaux et à une volonté de concorde, les institutions se retrouvent aujourd’hui autour d’une table ronde. L’objectif est clair : une collaboration loyale pour éviter les « manœuvres de roulage dans la farine ».

En clôturant son allocution, le speaker se l’organe délibérant de la Tshopo, Dr Mateus Kanga a convoqué la sagesse de l’Ecclésiastique (chapitre 16, verset 14) : « Que tout ce que vous faites se fasse avec amour ».

Cette session de mars 2026 n’est pas une session de plus. C’est celle de la « revanche du sol sur le sous-sol », celle de la défense des intérêts de la veuve qui va au marché et de l’enfant qui va à l’école. Le message est passé : la Tshopo a rendez-vous avec son histoire, et ses élus n’ont plus le luxe de la distraction.

L’histoire observe. Le peuple juge. Et le travail commence maintenant.

Jerry Lombo


Spread the love

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *