
Le Palais du Peuple a vibré, ce vendredi 27 mars 2026, d’une intensité démocratique rare. Au cœur des débats : l’architecture de la société congolaise de demain. Si plusieurs voix se sont élevées, c’est celle de l’honorable Patrick Matata, député national de la Tshopo, élu de la ville de Kisangani, qui a captivé l’hémicycle par une intervention d’une lucidité chirurgicale.
Loin des joutes oratoires stériles, Patrick Matata a transformé son temps de parole en un véritable cours de gouvernance moderne, secouant les vieux démons de l’opacité et de l’immobilisme.Saluant
Saluant d’emblée l’initiative de son collègue Jacques Ndjoli sur la transparence, l’élu de Kisangani a frappé fort en introduisant le concept d’Open Data (données ouvertes). Pour Patrick Matata, la transparence ne doit plus être un slogan, mais une obligation technologique.
« Dans la mentalité de nos dirigeants, à tous les niveaux, il y a cette tendance fâcheuse à cacher l’information, même la plus banale », a-t-il martelé devant une plénière attentive.
Pour le Professeur Patrick Matata, il est temps que la gestion des hôpitaux, des universités et des Entités Territoriales Décentralisées (ETD) sorte de l’ombre. À l’ère du numérique, il exige la mise en ligne systématique des données de fonctionnement. Plus audacieux encore, il a jeté un pavé dans la mare en abordant la question sensible de la rémunération des députés.

Pour lui, la meilleure façon de chasser les fake news et les fantasmes populaires est la publication officielle et transparente de ce que reçoivent les élus. « Livrer les bonnes informations pour chasser les mauvaises », tel est son credo.
Le second volet de son intervention a porté sur la réforme des entreprises du portefeuille, portée par l’honorable Jean-Pierre Passy. S’appuyant sur le dernier rapport de la Banque mondiale de mars 2026, Patrick Matata a dressé un diagnostic sans complaisance de l’économie congolaise.
Il a fustigé l’existence d’entreprises dont on ignore la raison d’être et la mission. Pour l’élu de la Tshopo, l’État actionnaire doit être stratégique :
– Définir le “Pourquoi” : Pourquoi l’État participe-t-il à tel secteur ?
– Exiger la performance : Fixer des indicateurs de gouvernance clairs.
– Libérer la Gestion : Le député de l’UDPS a dénoncé l’immobilisme de dirigeants d’entreprises « tétanisés », attendant les ordres des ministres alors qu’ils jouissent d’une autonomie de gestion.
Il refuse que les joyaux de la couronne congolaise ne demeurent des « canards boiteux » et exige que la loi clarifie les limites de l’ingérence gouvernementale pour laisser place à la prospérité économique.
Enfin, abordant les textes de l’honorable Augustin Mulumba, Patrick Matata s’est fait le porte-parole de la culture et de l’évidence sociale congolaise. Avec une sobriété qui n’exclut pas la fermeté, il a rappelé que la société congolaise reconnaît deux réalités biologiques simples : le garçon et la fille.
Pour lui, la loi doit être le miroir des problèmes réels de la population et non une porte ouverte à des débats tendancieux importés qui ne reflètent en rien les préoccupations des Congolais. « On ne prend pas la loi pour résoudre des problèmes qui ne se posent pas dans notre société », a-t-il conclu sous les approbations de ses pairs.

À sa sortie de l’hémicycle, l’élu de Kisangani a réitéré son engagement pour une législation qui impacte le vécu quotidien. Entre expertise technique (Open Data, ratios de la Banque mondiale) et ancrage sociétal, l’honorable Patrick Matata s’impose de plus en plus comme l’une des têtes pensantes de cette législature.
En appelant à la recevabilité de ces propositions de loi, il n’a pas seulement voté pour des textes ; il a voté pour une République plus claire, plus performante et plus fidèle à elle-même. Kisangani peut être fière : son élu ne se contente pas de siéger, il éclaire le chemin.
Jerry Lombo
