Tshopo|Journée Mondiale de l’Eau : Entre abondance du fleuve et soif des hommes, le plaidoyer du Chef de Bureau, l’Ir Nelson Bafandu

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Alors que le monde entier tourne son regard vers la gestion des ressources hydriques, la Province de la Tshopo, véritable château d’eau de la République Démocratique du Congo, fait face à ses propres paradoxes. À l’occasion de la Journée Mondiale de l’Eau 2026, célébrée le 22 Mars de chaque année, l’Ir. Nelson Bafandu Balisawa, Chef de Bureau Ressources en Eau à la Division Provinciale de l’Environnement de la Tshopo, a lancé un message de sensibilisation profond sans concession qui résonne comme un cri d’alarme technique et social.

Le décor est planté : la Tshopo est une terre de forêts denses où l’eau est l’âme de l’écosystème. Pour l’Ir Bafandu, le lien entre la forêt et l’eau est indissociable. « Les forêts et l’eau sont indispensables aux équilibres climatiques », rappelle-t-il d’emblée.

Dans une province où la quasi-totalité des communautés rurales dépendent des cours d’eau pour leur subsistance, la pêche et l’agriculture, la question de la gestion durable n’est pas un luxe intellectuel, mais une condition de survie.

Cependant, le Chef de Bureau, Nelson Bafandu soulève une question existentielle : comment garantir cette ressource aux générations futures ? La gestion durable des forêts et des eaux est aujourd’hui compromise par une exploitation incontrôlée et une pollution croissante qui hypothèque les équilibres climatiques et écosystémiques de la région.

Dans son message, l’Ir. Bafandu met en lumière une statistique qui glace le sang : seuls 14 % de la population boyomaise utilisent des sources aménagées. Le reste, soit 86 % des Boyomais consomment l’eau du fleuve ou des puits souvent polluée.

Cette situation n’est pas sans conséquences. Elle alimente un cycle infernal de maladies hydriques :

– Le choléra et la typhoïde : Des tueurs silencieux qui profitent de la consommation d’eaux polluées.

-La diarrhée endémique : Qui frappe particulièrement les enfants en bas âge.

Pourquoi, dans une ville bordée par l’un des plus puissants fleuves au monde, les robinets restent-ils désespérément secs ? L’Ingénieur Nelson Bafandu identifie plusieurs goulots d’étranglement :

– L’obsolescence de la REGIDESO : Les installations datent de plusieurs décennies. Ce qui était conçu pour une petite agglomération coloniale ne peut plus supporter la croissance démographique rapide de la ville de Kisangani.

– Le drame de la centrale de la Tshopo : Les pannes répétées de la centrale hydroélectrique paralysent les usines de traitement. Sans énergie stable, pas d’eau potable. Le recours aux générateurs au coût prohibitif, limite drastiquement la production et ne fait qu’alourdir une facture que la population ne peut déjà plus payer.

– L’abandon des acquis : Son message souligne avec amertume que de nombreux ouvrages construits par des partenaires comme l’UNICEF ou le CICR tombent en ruine faute d’entretien. Un gaspillage de ressources qui laisse les populations dans le désarroi.

Au-delà de l’eau de boisson, le Chef de Bureau, l’Ir Nelson Bafandu soulève le problème de la qualité de la ressource brute. L’exploitation minière sauvage et les rejets de déchets toxiques ou domestiques empoisonnent les rivières. La conséquence est double : une dégradation de la santé publique et une rareté croissante des ressources halieutiques. Les poissons, base de l’alimentation locale, disparaissent ou deviennent impropres à la consommation.

Face à ce vide laissé par l’État, on assiste à une prolifération d’unités privées de traitement d’eau. Le Chef de Bureau, Nelson Bafandu : ce secteur requiert un suivi strict de la Coordination Provinciale de l’Environnement, via son Bureau Ressources en Eau pour garantir que l’eau vendue aux citoyens ne soit pas un autre vecteur de maladie par manque de rigueur technique.

Thématique 2026 : L’Eau au FémininCette année 2026 marque un tournant dans la célébration mondiale. Le thème est clair : « L’interconnexion entre l’eau et l’égalité des sexes ». Sous l’égide de l’ONU, cette journée met en lumière une injustice flagrante : l’absence d’eau potable affecte de manière disproportionnée les femmes et les filles.

Dans la Tshopo, ce thème résonne avec une acuité particulière. L’absence d’accès à l’eau affecte de manière disproportionnée les femmes et les filles. Ce sont elles qui portent « le fardeau de la corvée d’eau », parcourant de longues distances pour chercher l’eau, s’exposant aux risques de noyade et aux agressions, tout en sacrifiant leur temps d’éducation ou aux activités génératrices de revenus.

« Placer les femmes au cœur des solutions et de l’avenir de la gestion de l’eau », tel est le leitmotiv porté par l’Ingénieur Bafandu pour cette campagne sous l’égide de l’ONU.

En signant ce message depuis la Division Provinciale de l’Environnement, le Chef de Bureau Ressources en Eau, l’Ir. Nelson Bafandu Balisawa rappelle que l’accès à l’eau et à l’assainissement est un Objectif de Développement Durable (ODD 2030). Mais à Kisangani, le chemin est encore long.

En conclusion de son message, le Chef du Bureau Ressources en eau rappelle que cette journée n’est pas qu’une formalité de calendrier. C’est un appel à l’engagement.

L’appel est lancé aux autorités, aux partenaires et aux communautés : il est temps d’investir dans la réhabilitation des infrastructures, de sécuriser l’énergie et de protéger nos cours d’eau contre la pollution et la défécation à l’air libre.

“L’eau est la vie, mais l’eau potable est la dignité”.

Jerry Lombo


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