
Le décor était planté ce mercredi 11 mars dans la commune de Limete, non loin des berges où le majestueux fleuve Congo tente de reprendre ses droits. Le Vice-Premier ministre, ministre des Transports, Voies de communication et Désenclavement, Jean-Pierre Bemba, y a mené une descente de terrain musclée, empreinte d’une urgence que l’on sentait presque palpable. L’objectif ? Évaluer l’avancement des travaux de déblaiement du chenal de Kingabwa, une artère fluviale vitale dont la navigabilité est aujourd’hui prise en otage par l’inconscience humaine.
La composition de la suite ministérielle ne laissait place à aucun doute sur le caractère stratégique de cette visite. Ce n’était pas qu’une simple promenade administrative, mais une véritable opération de reconquête du domaine public. Jean-Pierre Bemba s’est entouré des poids lourds de l’appareil sécuritaire et administratif du pays :
– Sécurité et renseignement : Le conseiller spécial du Chef de l’État, Eberande Kolongele, l’Administrateur général de l’ANR, Justin Inzun Kakiak, et des membres de la DGM et de la DRG.
– Force publique : Le Commandant de la 14ᵉ Région Militaire, le Général Stasin Kizimu Mbuyule, et le Commissaire provincial de la police, Israël Kantu.
– Gestion urbaine : Le Ministre provincial de l’Environnement, Léon Mulumba Mwana Nshiya, flanqué des experts de la Régie des Voies Fluviales (RVF).

Cette démonstration de force souligne une vérité brutale : l’obstruction du chenal de Kingabwa n’est plus seulement un problème de transport, c’est une menace directe à la sûreté de la ville et à l’ordre public.
Lancées il y a quelques jours sous les projecteurs, les opérations de désensablement et de réhabilitation semblaient prometteuses. Pourtant, le tableau peint par la délégation sur place est bien plus sombre. Malgré les premières pelletées, des remblais massifs persistent encore sur le lit du fleuve.Ce
Ce que Jean-Pierre Bemba a constaté, c’est un crime contre l’environnement. Ces amas de terre et de détritus, déposés de manière anarchique, ne se contentent pas de bloquer les bateaux ; ils agissent comme un bouchon mortel pour la capitale.
Le péril est imminent : En cas de fortes précipitations, ces remblais empêchent l’évacuation naturelle des eaux. Résultat ? Le lit du fleuve déborde, transformant les quartiers environnants en vastes bassins d’inondations, détruisant au passage habitations et infrastructures.
Face à ce « désastre écologique », le mot n’est pas trop fort , le Vice-Premier ministre a troqué le costume de diplomate pour celui de commandeur. Le verdict est tombé comme un couperet : les responsables de ces remblais ont exactement 30 jours pour restaurer le lit du chenal.

Trente jours pour réparer ce que l’irresponsabilité a brisé. Pour Jean-Pierre Bemba, la récréation est terminée. L’exigence de restauration de la navigabilité est désormais liée à une obligation de sécurité civile. Le message envoyé aux pollueurs et aux spoliateurs du lit fluvial est limpide : le gouvernement ne tolérera plus que des intérêts particuliers mettent en péril la vie de millions de Kinois.Alors
Alors que la saison des pluies menace, chaque jour qui compte. La réussite de cette opération de déblaiement sera le baromètre de l’autorité de l’État dans la gestion de son domaine public. Jean-Pierre Bemba a tracé la ligne rouge ; il reste maintenant à voir si les engins de chantier seront aussi rapides que la montée des eaux.
Doly Muntu
