
En vacances parlementaires à Kisangani, le sénateur Jean Bamanisa Saïdi a choisi de confronter frontalement un dossier qui brûle sensible : l’avancement et la gestion des travaux de la voirie urbaine. Dans un entretien avec le Directeur Provincial de l’Office des Voiries et Drainage (OVD), l’élu des élus a passé au crible les chantiers d’asphaltage financés par le gouvernement national. Mais derrière les engins de chantier, Bamanisa voit poindre une menace systémique.
Le constat du sénateur est sans appel : le circuit institutionnel est grippé. Pour lui, la centralisation de la gestion des travaux entre les mains du BCECO (Bureau Central de Coordination ), sous la tutelle directe du ministère des Finances, est une hérésie administrative qui écarte les techniciens du terrain.
« La question de la voirie, vous voyez que j’ai tapé sur la table la dernière fois lors de mes vacances parlementaires… Nous avions demandé aux Ministres des Infrastructures et Travaux Publics de reprendre le dossier de voirie qui ne doit pas être géré par le BCECO ».

Pour Jean Bamanisa, les rôles sont clairs et ne doivent pas être confondus :
– Ministère des Finances & BCECO : Le financement et le décaissement.
– OVD & Office des Routes : L’expertise technique, le suivi et l’exécution selon les mécanismes classiques.
En mettant ces structures spécialisées sur la touche, le gouvernement s’expose, selon lui, à une opacité décisionnelle et à une inefficacité opérationnelle que Kisangani ne peut plus se permettre.

Directeur Provincial de l’OVD
L’inquiétude majeure du sénateur réside dans la pérennité de ces travaux. À Kisangani, le souvenir des projets inachevés est une cicatrice encore ouverte. Bamanisa tire la sonnette d’alarme sur le risque de chantiers fantômes si la gouvernance ne change pas de cap.
Les deux périls identifiés :
– Le coût exorbitant : Des projets lancés à des prix jugés « très élevés » selon le sénateur Jean Bamanisa qui pourraient s’essouffler financièrement.
– L’instabilité politique : « Dès qu’il y a un changement au niveau du gouvernement central, vous voyez que les choses risquent de s’arrêter », prévient-il avec une lucidité chirurgicale.
Au-delà des chiffres, c’est la matière qui préoccupe le sénateur. Jean Bamanisa ne se contentera pas de bitume noir sur le sol ; il exige de la durabilité. Pour lui, la responsabilité du gouvernement central est double : il est garant du paiement, mais aussi comptable de la mauvaise qualité éventuelle.
– L’engagement de l’élu : Des enquêtes parlementaires seront menées pour s’assurer que chaque dollar décaissé se reflète dans l’épaisseur et la résistance de l’asphalte.
– Le message aux entreprises : Les contrats passés ne sont pas des chèques en blanc. Le résultat final doit être le miroir exact des investissements consentis par le Trésor Public.
En tapant de nouveau sur la table, Jean Bamanisa Saïdi rappelle que son rôle de sénateur ne s’arrête pas aux bancs du Palais du Peuple à Kinshasa. Il se joue aussi sur terrain, dans les rues de Kisangani, sous la poussière des travaux.

Sénateur Jean Bamanisa Saïdi
Son message est un ultimatum feutré mais ferme : le gouvernement doit assumer sa responsabilité pour que la voirie de la Tshopo ne soit pas sacrifiée sur l’autel de la bureaucratie centrale.
L’heure est à la reddition des comptes. Kisangani regarde, et Bamanisa veille.
Rédaction
