Kisangani : Le sénateur Jean Bamanisa Saïdi dénonce l’étouffement du marché du ciment par la surtaxation et appelle à un choc de simplification

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Le développement d’une province et|ou d’un ne se mesure pas seulement aux discours, mais à la fluidité de son approvisionnement en matériaux de base. Ce jeudi 05 mars 2026, c’est un sénateur Jean Bamanisa Saïdi déterminé et soucieux des réalités de ses administrés qui a arpenté les quais du Port de l’Onatra.En pleines vacances parlementaires, l’élu a choisi de confronter les chiffres de la macro-économie à la réalité du terrain, là où les sacs de ciment sont déchargés pour bâtir la Kisangani de demain.

Pour le sénateur Bamanisa, la fidélité au produit local est une question de souveraineté. Depuis 2016, il suit de près l’évolution de la marque PPC, pilier industriel qui a permis à la Tshopo de sortir de la dépendance chronique. Cependant, si le produit est bien présent sur les quais, son coût devient un obstacle infranchissable pour les ménages et les entrepreneurs locaux.

« Nous sommes venus nous assurer que le ciment PPC est présent sur le marché de Kisangani. Tout ce qui est développement, quand on n’a pas les matériaux, ça pose un problème. Depuis 2016, on a tout fait pour que le marché ne manque jamais de produits ».

Le sénateur a profité de cette tribune pour dénoncer une dérive fiscale qui pénalise directement le consommateur boyomais. Il a pointé du doigt un paradoxe frappant : alors que le pays a soif d’infrastructures, l’État taxe lourdement ce qui permet de les construire.

Les trois verrous identifiés par Jean Bamanisa :

– La TVA de 16% : Autrefois exonéré pour encourager l’essor immobilier, le ciment subit aujourd’hui une taxe sur la valeur ajoutée qui alourdit considérablement la facture.

– Les taxes de consommation : Des prélèvements provinciaux qui s’ajoutent à la pression fiscale nationale.

– L’asphyxie administrative : Un empilement de redevances diverses qui poussent les prix vers le haut.

« Il y a toutes les autres taxes qui font que le produit, finalement, arrive à être cher. Pour développer un pays, il faut que les matériaux soient accessibles ».

Le plaidoyer du sénateur s’est également porté sur la protection de l’industrie nationale. Il a souligné avec amertume que pendant que les entreprises citoyennes comme PPC s’acquittent scrupuleusement de leurs obligations, des produits importés d’Angola ou du Congo-Brazzaville inondent le marché sans payer le juste prix à l’État.Cette

Cette situation crée un déséquilibre dangereux : les fraudeurs tirent les prix vers le bas au détriment de la qualité et de la légalité, tandis que les entreprises régulières luttent pour leur survie.

L’ambition de Jean Bamanisa Saïdi est de voir Kisangani redevenir le point de départ du développement pour tout l’hinterland. Que ce soit vers Isiro ou vers Kindu, le ciment doit circuler librement et à moindre coût. « Il faut que nous puissions favoriser les marchés intérieurs en diminuant le prix du ciment au départ. Comme ça, les produits pourront arriver et satisfaire aux besoins de la population ».

En rappelant que le président de la Fédération des Entreprises du Congo (FEC) a déjà porté ce cri de détresse auprès du Chef de l’État, le sénateur Bamanisa se positionne comme le relais indispensable entre le patronat et le pouvoir législatif.

Cette visite au port de l’Onatra sonne comme un avertissement : sans une réforme courageuse de la fiscalité sur les matériaux de construction, le rêve d’une Tshopo moderne et bâtie sur du roc restera suspendu à des prix inaccessibles. Jean Bamanisa repart avec un dossier brûlant qu’il compte bien défendre lors de la prochaine session parlementaire.

Jerry Lombo


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