Incendie Dévastateur à la 14ème Avenue Bis : Quand le feu réduit en cendres les espoirs de plusieurs familles dans la commune de Tshopo.

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Ce mercredi 25 février 2026, sous un ciel de plomb, la commune de Tshopo a été le théâtre d’un incendie d’une rare violence. Entre les murs calcinés des Maisons ONL à la 14ème avenue bis, c’est le récit d’une après-midi d’angoisse, de solidarité héroïque, mais aussi d’un cri de colère face à l’impuissance des services de secours.

Il est environ 15 heures lorsque le calme habituel de la 14ème avenue bis est rompu par des cris d’alerte. La fumée, noire et épaisse, s’échappe de l’appartement numéro 7. En l’absence du propriétaire, le feu, tel un prédateur silencieux, a d’abord dévoré le plafond avant de trouver un écho dévastateur dans les appartements contigus.

En quelques minutes, le brasier gagne du terrain. Les appartements numéros 5, 6, 8 et 9 sont pris au piège. À l’étage, la sentence est sans appel : le feu ne laisse aucune chance aux souvenirs ni aux investissements de toute une vie. Pour les habitants du niveau supérieur, le bilan est lourd, le dénuement est total.

Dans ce décor d’apocalypse, une lueur d’espoir a surgi : la bravoure des jeunes du quartier. Daniel Ndanea, témoin oculaire et acteur de ce sauvetage improvisé, livre un récit poignant de l’intervention :

« Nous étions assis comme d’habitude lorsqu’on nous a informés du sinistre dans les maisons ONL. Nous sommes venus en masse. À l’étage, les portes étaient verrouillées, les occupants absents. Nous avons tenté de briser les accès, mais les flammes étaient devenues des murs infranchissables ».

Devant l’impossibilité de sauver l’étage, cette jeunesse déterminée s’est repliée vers le rez-de-chaussée. Dans un élan de solidarité remarquable, ils ont réussi à extraire quelques biens des appartements du bas, arrachant ainsi une partie du patrimoine des victimes à la voracité du feu.

L’origine du sinistre reste, à cette heure, entourée de mystère. Alors que beaucoup pointent souvent du doigt les courts-circuits, la réalité semble ici plus complexe. Selon les résidents, les appartements n’étaient pas alimentés par le réseau électrique urbain, mais dépendaient de batteries connectées à des panneaux solaires. Un détail qui épaissit le mystère et laisse les enquêteurs et les sinistrés dans une attente douloureuse de réponses.

Parmi les décombres et la fumée persistante, la voix de Darius Lumbalumba s’élève pour porter la douleur des sinistrés. Son constat est amer, sa demande est pressante :

« Dans une métropole comme Kisangani, il est inadmissible qu’un incendie se déclare sans intervention efficace. La mairie doit doter la commune d’un camion anti-incendie avec un chauffeur permanent et un numéro vert pour les alertes ».

Ce cri de détresse est accentué par un fait aussi ironique que accablant : le camion anti-incendie dépêché sur les lieux n’est jamais arrivé à destination. Il est tombé en panne sur la 13ème avenue, au quartier Lubumbashi, victime de l’état de délabrement de la route. Une panne qui symbolise, à elle seule, le double drame des infrastructures de la ville.

Cet incendie de la 14ème avenue bis n’est pas qu’un simple fait divers. Il est le miroir des carences structurelles auxquelles font face les habitants de la commune de Tshopo. Au-delà des pertes matérielles inestimables, c’est la question de la sécurité civile qui est à nouveau posée sur la place publique.

Aujourd’hui, les décombres fument encore, et la population appelle à des mesures urgentes. Kisangani, la ville de l’espoir, ne veut plus voir ses quartiers se transformer en brasiers impuissants.

Sylvain Kaita


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