Ce vendredi 20 février 2026, sous un soleil de plomb, un cortège impressionnant de motos a déferlé sur les grandes artères, convergeant vers un seul point : le Cabinet du Gouverneur. Le silence habituel des bureaux officiels a été brisé par le cri de détresse et de révolte de motards de la ville de Kisangani. ces sentinelles du transport au quotidien, ont décidé de dire STOP.Calicots
Calicots en mains, le nom de Prince Bometo circulait sur toutes les lèvres, chargé d’une émotion lourde. Ce père de famille a vu son destin s’arrêter net il y a trois jours. Selon les manifestants, après un accident de circulation vers la commune de Kisangani avec un militaire. Les deux accidentés étaient conduits dans un centre de santé où a surgi un autre militaire qui est venu donner des coups au motard qui était couché sur le lit de l’hôpital, le jugeant fautif après les explications de son ami militaire qui était couché également sur le lit de l’hôpital.
« On ne peut plus accepter d’être abattus comme des bêtes sauvages sur les routes que nous servons chaque jour », a lâché l’un des meneurs de la manifestation, les yeux embués de larmes et de rage.
Si la colère est aussi électrique aujourd’hui, c’est que les plaies du passé sont encore béantes. Durant le sit-in, les manifestants ont ravivé une mémoire douloureuse : celle de ce collègue dont le corps sans vie avait été retrouvé il y a quelques semaines, abandonné vers le Camp Bauma.
Pour ces conducteurs, Prince Bometo n’est pas une victime isolée, mais le symbole d’une série noire « Trop, c’est trop ! », ont-ils martelé devant les grilles du Gouvernorat, exigeant que l’autorité provinciale sorte de sa torpeur.
Derrière le drame humain se cache une tragédie sociale. Prince Bometo laisse derrière lui six enfants. Six destins aujourd’hui suspendus au vide. Les manifestants exigent :
– Une justice spectacle pour une vérité crue : Ils exigent l’arrestation immédiate du soldat indexé et, surtout, la tenue d’une audience foraine publique. Ils veulent voir la justice s’exercer au grand jour, pour que l’exemple serve de leçon.
– La réparation d’une vie brisée : Prince Bometo laisse derrière lui un vide immense et six orphelins. Les motards demandent au gouvernement provincial de prendre en charge les obsèques et, par-dessus tout, de garantir la scolarité des six enfants. Une dette de sang que la province se doit d’honorer.
Les motards ont été on ne peut plus clairs : si les lignes ne bougent pas, si le Gouverneur ne pose pas un « œil regardant » et actif sur cette crise, ils promettent d’entrer en grève générale durant plusieurs jours. Le sit-in de ce vendredi n’était pas qu’une démonstration de force, c’était un appel au secours adressé directement au premier citoyen de la province.
Rédaction
