
Le chef-lieu de la province de l’Ituri vibre depuis ce mardi 17 février 2026 au rythme d’une messe politique et citoyenne de haute facture. Les députés nationaux et sénateurs, réunis au sein du Caucus Parlementaire de l’Ituri, ont officiellement ouvert une session d’écoute et de dialogue cruciale. L’objectif est clair : confronter les analyses des élus à la réalité du terrain en donnant la parole aux forces vives de la province.
Cette journée du mardi marque une étape charnière. Dans une démarche d’inclusion totale, les parlementaires ont ouvert leurs portes aux couches sociales, à la société civile, aux leaders communautaires, aux confessions religieuses, ainsi qu’aux services de l’État et à la jeunesse. C’est un véritable diagnostic à 360 degrés qui s’opère pour panser les plaies de cette province meurtrie mais résiliente.
Le Président du caucus, le député national Pitchu Iribi, a donné le ton dans un discours d’ouverture teinté d’un optimisme prudent mais ferme. Pour lui, l’horizon s’éclaircit enfin : « L’Ituri vient de loin. Il y a de l’espoir qui est en train de poindre à l’horizon, nous pouvons tous dire que la paix est possible », a-t-il déclaré avec conviction.
Saluant l’accalmie globale observée sur l’ensemble de la province, il a tenu à souligner que ces résultats ne sont pas le fruit du hasard, mais bien la conséquence d’une stratégie hybride, alliant la force militaire à des approches non militaires approfondies, portées par les institutions de la République.
Malgré ce tableau encourageant, une ombre persiste au tableau : le territoire de Djugu, et plus spécifiquement la région de Bule. L’Honorable Iribi n’a pas occulté la souffrance de cette « petite portion » qui continue de subir les affres de l’insécurité orchestrée par la CRP.
L’élu a lancé un appel vibrant aux autorités : « Notre pensée se tourne aujourd’hui vers cette population de Bule qui passe des moments difficiles. Nous prions le gouvernement provincial et nos forces armées de prendre des dispositions pour protéger cette paisible population, mais surtout pour juguler cette crise ».
Si la session a pris son envol public ce mardi, le travail de fond a débuté dès le dimanche 15 février par une dimension spirituelle. Une messe d’action de grâce a été célébrée à l’église Lycée Chemchem, en présence remarquée de l’autorité provinciale.
La journée de lundi a, quant à elle, été consacrée à un marathon institutionnel :
– Matinée : Séance de travail avec l’Assemblée Provinciale pour s’imprégner de la vision des députés locaux.
– Après-midi : Échanges stratégiques avec la Monusco
– Clôture : Une rencontre de haut niveau avec le Gouverneur Militaire et Commandant des opérations pour harmoniser les données sécuritaires.
Cette session des caucus ne se veut pas être une simple réunion de plus. En s’appuyant sur les succès récents de la stratégie globale, les élus Ituriens cherchent à transformer l’accalmie actuelle en une paix définitive et irréversible. Le dossier de Bule reste désormais le test ultime pour la coordination entre les parlementaires et l’exécutif militaire.
Justin Ndassi
