
Le décor était grave, le ton solennel. Ce lundi 09 février 2026, devant un parterre de journalistes de la ville de Kisangani, le Collectif des Activistes Engagés de la Tshopo a brisé le silence. Dans une déclaration poignante et musclée, ces sentinelles de la démocratie ont tiré la sonnette d’alarme sur la dégradation sécuritaire qui plane sur la province, tel un orage menaçant.
Le point de rupture de cette inquiétude collective remonte au 31 janvier 2026. Ce jour-là, l’aéroport international de Bangboka, porte d’entrée vitale de la ville de Kisangani, a été la cible d’une tentative d’attaque par drones kamikazes de l’AFC-M23 soutenu par le Rwanda. Si l’héroïsme et la vigilance des FARDC et des services de sécurité ont permis de déjouer ce plan macabre, l’onde de choc, elle, a traversé toutes les communes de la ville.
« Cet acte criminel grave n’est pas un simple fait divers », martèle le Collectif. « C’est un signal d’alarme sérieux ».

Pour ces activistes, le traumatisme des guerres de « 1 jour, 3 jours et 6 jours » qui ont jadis ensanglanté Kisangani est encore trop vif. La province, meurtrie par l’histoire, refuse de redevenir le sanctuaire de la désolation face à l’agression menée par l’AFC-M23, pointée du doigt comme le bras armé d’une déstabilisation orchestrée par le Rwanda.
Face à la menace, le silence n’est plus une option. Le Collectif a formulé des exigences claires, structurées et sans concession, adressées aux trois piliers de la défense de la patrie :
– Au Sommet de l’État : Le Collectif interpelle les autorités nationales pour une montée en puissance technologique. Il est impératif de doter les FARDC de ressources aériennes et logistiques de pointe. Pour contrer des drones kamikazes, la réponse doit être asymétrique, rapide et foudroyante. La sécurité de la Tshopo ne se négocie pas, elle se garantit par les moyens.
-Au niveau provincial : Aux autorités provinciales et locales, les activistes réclament une « ceinture de sécurité » :Sécurisation des sites critiques :
– Aéroports, ports et axes stratégiques doivent devenir des forteresses.
– Contrôle des flux : Une traque sans relâche contre l’infiltration par un contrôle systématique des mouvements de population.
– Patrouilles mixtes : Une présence visible et rassurante de la PNC et des FARDC, de jour comme de nuit.
– Guerre contre la désinformation : Une communication officielle en temps réel pour étouffer les rumeurs qui nourrissent la psychose.

-À la population : C’est ici que le message devient vibrant. Les activistes appellent chaque Tshopolais à devenir une oreille et un œil pour la nation.
« La sécurité est l’affaire de tous. Chacun doit jouer son rôle pour faire bloc contre toute tentative de déstabilisation ».
La dénonciation de tout mouvement suspect et le refus de la manipulation sont érigés en devoirs citoyens pour préserver la dignité de la province.
La déclaration s’est close sur un cri de ralliement qui a fait vibrer l’assistance : « La Tshopo veut vivre en paix. Kisangani ne veut plus pleurer ! ».
Ce lundi, les activistes n’ont pas seulement lu un texte ; ils ont dressé un rempart moral. Ils rappellent aux décideurs que derrière les chiffres et les rapports militaires, il y a des vies, des familles et un espoir de développement que personne ne doit plus jamais venir briser. Kisangani ville martyre, a choisi de se tenir debout. L’ennemi est prévenu : la Tshopo veille.
Jerry Lombo
