Ituri : Le cri de détresse du Chef Omu Otobar Israël face à l’effondrement du pont Wele

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L’économie locale est à l’arrêt, les échanges sont brisés et le quotidien des citoyens est devenu un calvaire. Depuis l’effondrement du pont Wele, le secteur de Ndo-Okebo, dans le territoire d’Aru, vit une véritable asphyxie. Entre espoir de reconstruction et lenteur des travaux, le Chef de secteur, Omu Otobar Israël, lance un appel vibrant à la mobilisation générale.

Le pont Wele n’était pas qu’une simple structure de béton et d’acier ; il était le cordon ombilical reliant le territoire de Mahagi au secteur de Ndo-Okebo dans le territoire d’Aru. Aujourd’hui, cette artère vitale est rompue. Depuis son effondrement, le secteur de Ndo se retrouve dans un isolement forcé, transformant cette zone à forte vocation agricole en une enclave coupée du reste de la province de l’Ituri.

Pour les agriculteurs, les commerçants et les malades, la situation est dramatique. Les produits pourrissent, les prix des denrées de première nécessité s’envolent et la mobilité humaine est devenue un parcours du combattant.

Dans une interview téléphonique poignante accordée à la presse ce mardi 03 février 2026, le Chef de secteur, Omu Otobar Israël, n’a pas caché son inquiétude. Si les travaux de reconstruction ont été officiellement lancés le 04 décembre 2025, la réalité sur le terrain est tout autre.

« Il y a un problème sérieux. Le désenclavement du secteur de Ndo est au point mort suite à l’effondrement du pont Wele. Les ingénieurs et les maçons sont sur place, mais ils travaillent au ralenti », a déploré l’autorité locale.

En cause ? Un manque criant de moyens financiers. Le financement initial reposait sur la mobilisation des recettes locales, issues des taxes perçues entre le groupement des Angal 2 (Chefferie des Angal) et le secteur de Ndo. Malheureusement, cette faible assiette fiscale ne suffit pas à couvrir l’ampleur des travaux de génie civil requis.

Face à l’urgence, le Chef Omu Otobar Israël s’est transformé en porte-voix de sa population. Tout en exprimant sa gratitude envers les premiers donateurs, il appelle à un sursaut de solidarité nationale.

Une Reconnaissance du Mérite : Le Chef a tenu à saluer l’implication de l’honorable Nené Kashinde (élu d’Aru) et de l’honorable Uyewa Daniel (élu de Djugu), qui ont déjà apporté leur pierre à l’édifice.

« Les besoins sont encore énormes. Nous supplions les personnes de bonne volonté, de partout, de nous venir en aide avant même l’intervention du gouvernement provincial », a-t-il conclu avec une émotion perceptible.

Il est crucial de rappeler que ce pont se situe sur une route de desserte agricole majeure. En Ituri, la survie des centres urbains dépend directement de la capacité de ces secteurs ruraux à évacuer leurs produits. Laisser le pont Wele dans cet état, c’est condamner des milliers de familles à la précarité.

Aujourd’hui, l’appel est lancé : députés nationaux, provinciaux, opérateurs économiques et agences humanitaires sont invités à se joindre à cet effort de reconstruction. Plus qu’un simple chantier de construction, il s’agit de restaurer la dignité et la vitalité d’un peuple qui refuse de rester dans l’ombre de l’enclavement.

La balle est désormais dans le camp des décideurs et des cœurs généreux.

Justin Ndassi


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