
Face aux désistements en série et aux retards logistiques qui menaçaient de décapiter la Linafoot-Ligue 2|Zone Est A, le Comité de Gestion de la Linafoot, a tranché. Dans un entretien exclusif accordé ce lundi 26 janvier 2026 à forceinfo, Eugène Kabongo, 1er Vice-Président de l’instance et figure tutélaire du sport roi en RDC est sorti de sa réserve pour clarifier une décision qui faisait jaser dans les gradins : l’intégration stratégique du FC Cobra de Kisangani et de l’Étoile du Congo de Buta ( Bas-Uélé).
Pourquoi ces deux clubs et pourquoi maintenant ? Pour l’ancienne gloire du football congolais, aujourd’hui aux commandes de l’organe technique, il ne s’agit pas de complaisance, mais de pragmatisme chirurgical.
« Selon les textes, pour prendre part à une compétition nationale, une équipe doit être fiable et viable afin d’éviter, à long terme, des problèmes d’organisation liés à l’abandon de certains clubs », a-t-il déclaré avec la froideur d’un gestionnaire qui refuse de voir son championnat s’effondrer comme un château de cartes.
Alors que le calendrier initial prévoyait 15 clubs issus de la Tshopo, de l’Ituri, du Haut-Uélé et du Maniema, la réalité du terrain a été brutale : plusieurs formations n’ont toujours pas rejoint Kisangani, lieu de la compétition à l’aube de la 2e journée, tandis que d’autres ont jeté l’éponge. Face à ce à ce vide, la Linafoot a opté pour la politique de la « porte ouverte » aux structures solides.
Pour Kabongo, l’équation est mathématique : un championnat d’accession vers l’élite (la Ligue 1) ne peut se jouer à moins de dix équipes sans perdre sa crédibilité et sa substance. « Dans une situation exceptionnelle, une décision exceptionnelle », a-t-il conclu, justifiant ainsi l’arrivée de Cobra et de l’Étoile du Congo comme un bouclier contre la médiocrité organisationnelle. Et le nombre des équipes passe jusque-là à 11.

Si Eugène Kabongo est à Kisangani, ce n’est pas pour faire du tourisme. Son discours s’est transformé en un véritable “coup de semonce” lorsqu’il a abordé la suite de la compétition. Le ton s’est durci, et les lignes rouges ont été tracées avec une fermeté chirurgicale en s’adressant aux équipes et arbitres :
– Le Verrou de la 3e Journée : Le calendrier ne sera pas élastique. Les clubs encore en route ont jusqu’à la fin de la troisième journée pour fouler le sol boyomais. Passé ce délai, conformément aux règlements, les portes de la Ligue 2 se refermeront impitoyablement.
– Tolérance zéro pour la violence : Eugène Kabongo a été clair : l’équipe dont les fanatiques, joueurs et/ou dirigeants oseront lever la main sur un arbitre ou semer le chaos dans les travées du stade Lumumba sera frappée de sanctions d’une sévérité exemplaire.
– L’excellence du sifflet : Le 1er Vice-Président de la Linafoot n’épargne pas les arbitres. Tout officiel qui faillira à sa mission de neutralité sera suspendu sans ménagement. Le message est reçu : la Linafoot veut des résultats mérités nés de la sueur, pas de la corruption ou de l’intimidation.
Comment espérer rivaliser avec les cadors de Kinshasa ou de Lubumbashi en Ligue 1 quand les joueurs disputent deux fois moins de matchs que ceux de la Ligue 1?
L’intégration de ces deux formations n’est pas seulement un remplissage numérique mais va mécaniquement augmenter le volume de jeu, forcer les entraîneurs à plus de profondeur de banc et offrir au public boyomais des après-midis de football intenses. C’est en multipliant les chocs de haut niveau que les clubs forgeront le caractère nécessaire pour remonter, enfin, dans l’élite nationale.
Le geste de la Linafoot, porté par Eugène Kabongo, redonne du volume à une compétition qui menaçait de s’étioler. La fête continue au stade Lumumba, et elle s’annonce plus grande que jamais.
Jerry Lombo
