
L’heure des comptes a sonné au sein de la Division provinciale des Mines en Ituri. Entre accusations de népotisme, gestion opaque et usurpation de pouvoir, l’acteur politique Josué Ukelo brise le silence. Pour lui, l’appartenance au parti au pouvoir ne saurait être un bouclier contre la justice.
C’est un séisme administratif qui secoue la province de l’Ituri depuis le 12 janvier 2026. Par une décision forte, l’autorité provinciale a interdit de séjour Saidi Munyanya sur toute l’étendue de la province. Une mesure qui sonne comme un désaveu cinglant pour celui qui dirigeait l’un des secteurs les plus stratégiques de la région. Interrogé ce samedi 17 janvier, Josué Ukelo, figure politique montante du territoire de Djugu, n’a pas caché sa satisfaction face à ce qu’il qualifie de « salubrité publique ».
Pour Josué Ukelo, le diagnostic est sans appel : la Division des Mines était devenue l’ombre d’elle-même, prise en otage par un individu et son clan. Le crime de Saidi Munyanya ? Avoir confondu bien public et patrimoine privé, fort de son étiquette politique. « C’est une décision salutaire », a martelé Josué Ukelo au micro de notre rédaction. « Parce qu’il est de l’UDPS, le parti au pouvoir, il croyait pouvoir transformer toute une institution d’État en une entreprise privée. Aujourd’hui, cette décision du Gouverneur militaire vient restaurer l’espoir et redorer l’image d’une division totalement ternie ».

L’accusation va au-delà de la simple mauvaise gestion. Selon Josué Ukelo, Saidi Munyanya aurait franchi le Rubicon de l’illégalité en s’octroyant des compétences dévolues au Ministre national des Mines. Il cite notamment l’octroi frauduleux d’autorisations pour l’exploitation de rejets miniers, une prérogative qui échappe totalement au niveau provincial.Sur
Sur le terrain, notamment dans le territoire de Mambasa, le tableau décrit est celui d’un système verrouillé :
– Emplois familiaux : Des postes clés occupés exclusivement par des membres de la famille de l’incriminer.
– Missions exclusives : Un monopole sur les missions de contrôle et de supervision.
— Accès restreint : Des entreprises minières où les agents publics n’avaient plus droit de cité, au profit d’intérêts privés. « La liste est longue », soupire l’acteur politique de Djugu. « Il a privilégié les siens au mépris des lois de la République. Pour tout ce mal, la justice doit maintenant faire son travail sans complaisance ».
Rappelant que le secteur minier est le véritable moteur de l’économie de la RDC, et singulièrement de l’Ituri, Josué Ukelo plaide pour une réforme profonde. Selon ses estimations, près de 80 % des recettes provinciales devraient provenir de ce secteur si celui-ci était géré avec transparence. « On ne peut plus tolérer le coulage des recettes, le fanatisme et le népotisme. Il est temps de placer l’homme qu’il faut à la place qu’il faut : une personne intègre qui respecte le Code minier », a-t-il conclu.
Alors que le départ forcé de Saidi Munyanya ouvre une période d’incertitude à la tête de la Division, les regards se tournent désormais vers le parquet. La justice congolaise osera-t-elle aller jusqu’au bout de ce dossier pour faire de ce cas un exemple de la lutte contre l’impunité, même pour les membres du parti présidentiel.
L’Ituri observe et attends
Justin Ndassi
