
Dans une ambiance électrique sur l’esplanade du Gouvernorat ce mardi 13 janvier 2026, le Gouverneur militaire de l’Ituri, le Lieutenant-Général Johnny Luboya N’kashama, a brisé le silence diplomatique. Devant une foule de criminels sous bonne garde et une presse aux aguets, l’homme fort de la province a lancé un avertissement glacial et direct au leader du mouvement CRP, Thomas Lubanga. Le message est clair : la traque est lancée.
C’est une scène qui fera date dans l’histoire de l’état de siège en Ituri. Alors que la Police Nationale Congolaise (PNC) présentait une nouvelle vague de hors-la-loi ayant semé la terreur à Bunia et ses environs, le Gouverneur militaire a choisi ce moment symbolique pour s’adresser personnellement à celui qu’il considère comme le cerveau de l’instabilité actuelle.
D’un ton ferme, le regard noir, le Lieutenant-Général Luboya a interpellé directement l’ancien pensionnaire de la Cour Pénale Internationale : « Thomas Lubanga, écoute-moi très bien : je vais te faire arrêter. Si tu crois que ce que je dis est faux, on verra. Tu ne vivras pas en paix et tu ne jouiras jamais de l’argent que tu as volé à l’ONG, ces 1,2 million de dollars », a martelé le chef de l’exécutif provincial.
Pour le Gouverneur militaire, Thomas Lubanga n’aurait jamais réellement quitté ses vieux démons. L’accusant de piloter le mouvement CRP pour déstabiliser la région, le général a dressé un parallèle sanglant entre les horreurs des années 1999-2003 et la situation actuelle. « Ils prennent des civils, des petits enfants, et ils leur donnent des armes. Ce qu’il a fait hier, il le refait aujourd’hui. Des enfants de 9 ans, de 10 ans, se retrouvent avec des kalachnikovs entre les mains. C’est un criminel, et je fais tout pour qu’on l’arrête », a-t-il conclu avec une détermination sans faille.
Cette parade de criminels n’était pas qu’une affaire de rhétorique politique. Elle a également apporté une lueur d’espoir pour la liberté de la presse et la justice en Ituri. Parmi les prévenus présentés sous le soleil de plomb de Bunia, figurent les assassins présumés du journaliste Thierry Banga Lole.
L’émotion était palpable à l’évocation de ce nom. Rappelons que le journaliste avait été lâchement refroidi à son domicile le 29 décembre 2025, avant d’être conduit à sa dernière demeure le 5 janvier dernier. La présentation de ses bourreaux présumés devant le Gouverneur militaire marque une étape cruciale dans l’enquête, prouvant que, malgré l’insécurité persistante, les services de renseignement et la police resserrent l’étau autour des réseaux mafieux.
L’Ituri retient son souffle. Entre les menaces directes contre les chefs de groupes armés et les résultats tangibles de la police criminelle, le Gouverneur militaire semble vouloir imprimer une nouvelle cadence à l’état de siège. Mais la question demeure sur toutes les lèvres à Bunia : cet avertissement au vitriol marquera-t-il la fin de l’impunité pour les leaders du CRP, ou le début d’une nouvelle escalade sécuritaire ?
La traque de Thomas Lubanga est désormais, officiellement, une affaire d’honneur pour le Lieutenant-Général Luboya.
Justin Ndassi
