
La structure de défense des droits de l’homme, de soutien au développement rural et de lutte contre la pauvreté et le réchauffement climatique (AMG en sigle), a lancé son cri d’alarme face à la précarité de la justice dans le traitement des dossiers des détenus dans le territoire d’Aru.
Dans une communication faite ce samedi 10 janvier 2026, le responsable de ladite structure Georges Angunizu Manikani dénonce les conditions dans lesquels vivent les détenus dans cette partie de la province, des arrestations arbitraires qui selon lui, ont occasionné plusieurs cas des morts.
“Face au dysfonctionnement et bavures devenus la norme à Aru, au mépris de toute réglementation en vigueur en RDC et au mépris même de la volonté du Chef de l’État Félix Antoine Tshisekedi qui est celle d’assainir la justice du pays. Cet état de chose dure depuis bien longtemps. À titre d’exemple, en décembre 2025, nous avons enregistré 3 décès en détention dont deux dans le centre de négoce d’Ariwara dans la station de la PNC, sous le commandement de Major Kayikaha Kayemba et 1 décès à la prison centrale d’Aru dont son dossier se retrouve à l’auditorat militaire sous le commandement du capitaine Mayick Chibumba. L’appareil judiciaire à Aru est caractérisé par le non respect de la dignité humaine, de la vie humaine et beaucoup d’autres dégâts en violation flagrante de l’ordonnance N°344 du 17 septembre 1965 relative au régime pénitentiaire en République démocratique du Congo”, a-t-il indiqué.
Il a aussi martelé sur des amendes exorbitantes, transfert désordonné des dossiers et détention illégale en dehors des normes de détention dans des instances non habilitées pour garder des détenus au-delà de 48 heures requises. Nous estimons que certains éléments de cette police présente à Aru ne sont ni qualifiés ni formés encore moins légitimes.
“Ici, les OPG exagèrent dans la fixation des montants des amendes et ces montants sont payés de main à main, or il y a des banques commerciales et la CADECO ici à Aru. Certains se permettent même de retenir les détenus hors délai légal de 48 heures et ils transfèrent les dossiers en désordre. Des dossiers qu’on peut traiter même au parquet près le tribunal de paix d’Aru se retrouvent facilement à l’auditorat militaire et vice versa. Des dossiers en caractère administratif et coutumier sont tous soldés par des amandes impossibles payées par la population pourtant dépourvue qui se voit parfois obligée de vendre ses biens, produits de champs et autres pour honorer ces amendes qui vont dans les poches des individus et non au trésor public” a-t-il martelé.
Avant de mettre les autorités en place devant ses responsabilités, Georges Angunizu Manikani demande ce qui suit : “Nous exigeons une enquête transparente sur la mort de messieurs Tiyo, Neku et Ocha décédés en détention, l’implication du Président de la République dans le redressement de la justice comme il a toujours fait car certains disent que ces morts sont dues aux coups et blessures en détention à cause de non paiement de « mbongo y’a bougie 100$ minimum », d’autres parlent d’arrivées des détenus en état battu ou malade, d’autres encore parlent de refus catégorique de l’accès aux soins médicaux par les autorités compétentes avant paiement des amendes exorbitantes d’où la nécessité d’une enquête transparente pour fixer l’opinion. Nous invitons aussi le ministre de la justice, le praticien du droit et les auxiliaires de la justice à recourir à l’authenticité et aux droits coutumiers pour compléter les droits écrits et ses mécanismes. Enfin nous invitons aussi le parlement à la mise en jour de loi surtout celle relative au suivi et au corps de l’appareil judiciaire”, a-t-il conclu.
Cette structure dénonce également le silence de la part des autorités compétentes malgré leurs diverses alertes mais aussi des tentatives d’intimidations dont font l’objet certains membres de cette structure de défense des droits de l’homme en territoire d’Aru.
Cependant, cette structure demande aux avocats volontaires de rejoindre le collectif d’avocats afin de sauver ces familles victimes.
Signalons que, jusqu’à présent ces dossiers concernent seulement l’unique chefferie de Zaki pour une période de 3 semaines seulement selon notre source alors que, le territoire d’Aru compte 7 chefferies et 1 secteur.
Nos efforts pour entrer en contact avec les corps judiciaires n’ont pas abouti, nous gardons un cœur froid et la main tendue pour toute forme de réponses pour éclairer l’opinion par rapport à ce que soulève Monsieur Georges Angunizu Manikani au nom de AMG.
Dossier à suivre !
Rédaction
