Tshopo|Réhabilitation du Gouverneur Paulin Lendongolia : La légitimité mise en mal par la légalité (Tribune de Zacharie Kingombe)

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Par un arrêt qui fera date, la Cour Constitutionnelle a décidé de réhabiliter le Gouverneur Paulin Lendongolia dans ses fonctions. Si, sur le papier, la force de la loi a parlé, dans les rues de Kisangani et les territoires environnants, le verdict sonne comme une dissonance insupportable.

C’est dans ce contexte que le Doctorant et politologue Abed-négo Zacharie Kingombe livre une analyse au scalpel. Pour lui, cette décision consacre un divorce brutal : celui de la légitimité populaire face à une légalité judiciaire déconnectée des réalités du terrain.

Le constat de Zacharie Kingombe est sans appel : être rétabli par les juges ne signifie pas être restauré dans le cœur des citoyens. L’analyste souligne que la destitution initiale par l’Assemblée provinciale n’était pas un simple acte administratif, mais l’aboutissement d’une pression populaire devenue insoutenable. « Le Gouverneur vient d’être légalement réhabilité… mais cela ne signifie pas que ce dernier est indubitablement accepté par la population ».

Ici, le politologue pointe du doigt le paradoxe de nos démocraties en construction : une autorité peut posséder le sceau de l’État tout en étant, selon ses propres mots, « vomie » par ceux qu’elle est censée diriger.

Au-delà de la joute juridique, c’est le bilan de Paulin Lendongolia qui est passé au crible. L’analyse d’Abed-négo Zacharie Kingombe ne fait aucun cadeau. En un an de règne, la Tshopo semble s’être transformée en un vaste chantier de promesses non tenues.

– Infrastructures fantômes : Les routes Opala, Banalia et Ubundu restent des calvaires.

– Énergie en berne : Le mini-barrage de Banalia et la centrale photovoltaïque de Kisangani demeurent des mirages.

– Mirage aérien : Le lancement de la compagnie Tshopo Airlines, présenté en grande pompe, est cité comme l’exemple type du « saupoudrage » politique.

Pour Kingombe, l’incompétence n’est pas une simple vue de l’esprit, c’est une réalité palpable dans les assiettes vides des agents publics provinciaux et dans la poussière des routes inachevées.

Le tableau noir brossé par le politologue s’assombrit encore lorsqu’il aborde la question des droits humains. À défaut de pouvoir construire, le pouvoir semble avoir choisi de contraindre. L’analyste rappelle avec émotion le prix lourd payé par la société civile : L’arrestation de Jedidia Mabela et autres cas.

Cette répression des voix dissidentes est, selon lui, l’aveu d’échec le plus flagrant d’un exécutif qui préfère le silence des cellules au tumulte des revendications sociales.

Pour Zacharie Kingombe, l’’espoir n’est pas totalement enterré. Le politologue lance un appel vibrant aux députés provinciaux. Il les exhorte à ne pas se laisser démonter par ce revers judiciaire. Le contrôle parlementaire reste l’arme fatale de la démocratie provinciale. Les sessions futures sont présentées comme autant de « rounds » où la représentation du peuple pourra, de nouveau, demander des comptes. “Une province riche de ses ressources mais appauvrie par sa gouvernance”, a lâché Zacharie Kingombe.

La réhabilitation de Paulin Lendongolia n’est peut-être qu’un sursis juridique avant le jugement définitif de l’histoire et du peuple. En attendant, la Tshopo retient son souffle, entre une légalité qui s’impose et une légitimité qui s’étiole.

Rédaction


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