Kisangani : La résidence de la Division des Sports et Loisirs au cœur d’un scandale de spoliation, le cri d’alarme de Donatien Musumba

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C’est un dossier aux allures de polar administratif qui secoue actuellement la ville de Kisangani. Entre certificats de propriété surgis du néant, intrusions nocturnes de hauts galonnés et clés volatilisées, la résidence officielle du Chef de Division provinciale des Sports et Loisirs de la Tshopo est le théâtre d’une tentative de spoliation rocambolesque. Dans une interview exclusive accordée à forceinfo.fr ce mercredi 7 janvier 2026, Donatien Musumba Kabagalia brise le silence et dénonce une mafia qui ne dit pas son nom.

Un patrimoine historique en péril

Située majestueusement en face de l’espace « Boyoma Masolo » (ex-Hawaï) dans la commune Makiso, la résidence de la Division des Sports n’est pas un simple bâtiment : c’est un pan de l’histoire administrative de la province. « Cette maison a été attribuée à notre division depuis 1960. Dix-sept chefs de division s’y sont succédé sans heurts. Je suis le dix-huitième à devoir l’occuper », pose d’emblée Donatien Musumba Kabagalia.

Pourtant, ce qui devait être une passation de pouvoir routinière s’est transformé en un véritable parcours du combattant, révélant les failles béantes et les appétits voraces qui entourent le patrimoine immobilier de l’État.

Acte I : Le mystère des clés

Tout commence lors de la cérémonie de remise et reprise. Le chef de division sortant, désormais retraité, quitte les lieux, mais les clés de la résidence officielle ne parviennent jamais à son successeur.« Il ne m’a pas laissé les clés. Il semblerait qu’il les ait remises à une tierce personne que je ne connais pas. À quel titre ? Pourquoi ? C’est le premier flou artistique de ce dossier », s’interroge Donatien Musumba. Un acte de résistance ou une complicité passive ? La question reste en suspens, mais elle a ouvert la porte à l’anarchie.

Acte II : Le « miracle » documentaire de la SCPT

Quatre jours seulement après avoir pris possession des lieux, le nouveau Chef de Division voit débarquer les services de la Poste (SCPT). Ces derniers revendiquent la propriété du site, brandissant un document qui laisse perplexe : un certificat d’enregistrement daté du 25 mars 2025.Le ton de Donatien Musumba se fait alors sarcastique et incrédule : « Une maison qui nous appartient depuis 1960, et subitement, la Poste déterre un certificat de 2025 ? De quelle manière ? Par quelle alchimie administrative ? C’est une irrégularité flagrante qui saute aux yeux ».

Acte III : L’intimidation nocturne des « uniformes »

Le dossier bascule dans l’irréel lorsque la force physique s’invite dans le débat juridique. Selon le témoignage poignant de Donatien Musumba, la résidence a fait l’objet d’une intrusion musclée en pleine nuit. « Un auditeur des garnisons et un colonel se sont présentés à la maison. Ils ont fait entrer leurs bagages de force, prétendant que la maison leur appartenait. Je me suis retrouvé face à une situation que je ne comprends plus », confie-t-il à forceinfo.fr. Voir des officiers de haut rang s’impliquer personnellement dans l’occupation d’une résidence administrative civile jette un froid sur l’état de droit dans la province.

La résistance d’un commis de l’Etat

Malgré la pression, les intimidations et le chaos documentaire, Donatien Musumba Kabagalia reste de marbre. Pour lui, il ne s’agit pas de son confort personnel, mais de la défense des prérogatives de l’État congolais. « Je suis en train de saisir toutes les autorités pour que l’affaire soit mise au clair. Ma position est ferme : je ne quitterai pas cette maison tant qu’elle n’a pas été officiellement désaffectée de la Division des Sports et Loisirs par l’autorité compétente, et tant qu’on ne m’aura pas fourni une nouvelle résidence conforme à mon rang », conclut-il avec détermination.

Un test pour les autorités provinciales

L’affaire « Résidence de la Division des Sports et Loisirs » est aujourd’hui sur la table des décideurs de la Tshopo. Elle soulève des questions de fond :

– Comment un certificat de propriété peut-il être émis en 2025 sur un domaine occupé par l’État depuis 65 ans ?

– Qui protège les spoliateurs qui utilisent les forces de l’ordre pour intimider les cadres de l’administration ?

La population de Kisangani et les acteurs du monde sportif attendent désormais que justice soit faite. Si ce joyau immobilier tombe entre des mains privées ou détournées, c’est toute la crédibilité de l’administration publique qui s’effondrera avec lui.

Dossier à suivre sur www.forceinfo.fr.

Jerry Lombo


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