Bienheureuse Anuarite : l’incarnation de la victoire sur la chasteté et de la foi sur la tyrannie

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Chaque 1er décembre est une date solennelle et significative dans le calendrier spirituel de la République démocratique du Congo. L’Église catholique en RDC s’unit pour célébrer la Bienheureuse Anuarite Nengapeta, une figure à la fois lumineuse et tragique, dont l’histoire résonne comme un témoignage éternel de courage, de fidélité inébranlable à Dieu et, surtout, d’un pardon offert au moment du sacrifice ultime.

Née en 1939 à Wamba, dans la province du Haut-Uélé, Alphonsine Anuarite Nengapeta est rapidement touchée par l’appel de la vie consacrée. Elle rejoignit la Congrégation de la Sainte Famille, où elle consacra sa jeunesse au service de Dieu et de sa communauté. Sa vie de religieuse se déroulait paisiblement jusqu’à cette année sombre de 1964.

Le pays était alors en pleine turbulence, secoué par la rébellion Simba. Les Sœurs de sa congrégation, prises au milieu du conflit, furent enlevées par les rebelles. Face à l’horreur, Sœur Anuarite maintient sa dignité et sa foi, refusant de céder aux exigences et aux menaces de ses ravisseurs. Ce refus, fondé sur sa chasteté et sa fidélité à ses vœux, scella son destin.

Dans la nuit du 1er décembre 1964, elle fut assassinée. Son martyre ne fut pas une fin silencieuse, mais l’offrande d’un message qui traversa le temps et les frontière.

L’acte qui érigea Anuarite au rang de martyre est indissociable des mots qu’elle prononça avant de rendre l’âme. Juste avant d’être abattue, elle s’adressa à son bourreau avec une compassion et une profondeur christiques : « Je te pardonne, car tu ne sais pas ce que tu fais »

Cette phrase, faisant écho aux paroles du Christ sur la croix, transcende l’acte de violence pour devenir un enseignement puissant sur la puissance rédemptrice du pardon. Elle offrit au monde, et à la Nation congolaise en particulier, une leçon de noblesse spirituelle et de résistance morale face à la barbarie.

Le sacrifice de Sœur Anuarite ne fut pas vain. Vingt ans plus tard, l’Église reconnaissait officiellement sa sainteté. En 1985, le Pape Jean-Paul II se rendit en République démocratique du Congo pour présider la cérémonie de sa béatification. C’est ainsi qu’Alphonsine Anuarite Nengapeta devint la première Bienheureuse de la Nation.

Depuis cette reconnaissance, Anuarite s’est imposée comme un repère moral fondamental. Elle est devenue un modèle de dignité, de persévérance et de courage intérieur, non seulement pour les jeunes Congolais qui cherchent des balises dans un monde en mutation, mais aussi pour l’ensemble de la Nation qui aspire à la paix et à la droiture.

Aujourd’hui, son héritage spirituel est palpable à travers tout le pays. À Goma, dans la province du Nord-Kivu, ravagée par des décennies de conflits, la paroisse qui porte son nom, située au cœur du quartier de Himbi, est devenue un pôle spirituel majeur.

Les fidèles, les familles et les croyants s’y rendent nombreux pour puiser force, consolation et intercession en faveur de la paix. La présence d’Anuarite, par le biais de sa dévotion, agit comme un baume sur les blessures d’une région meurtrie. Elle est la preuve que même au milieu des plus grandes ténèbres, une lumière de foi et d’espérance peut s’élever.

Par son témoignage, la Bienheureuse Anuarite Nengapeta demeure vivante dans la mémoire collective. Elle incarne la voix d’une foi qui ne cède jamais face à l’adversité et continue d’appeler chaque Congolais à la droiture et à la dignité.

Doly Muntu


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