RDC : Le réquisitoire de l’honorable Patrick Matata contre l’immobilisme et la dérive administrative au sein du FRIVAO

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Face à la détresse persistante des victimes de la Province Orientale, le Député National et Professeur Patrick Matata Makalamba brise le silence. Dans une communication incisive, l’élu dénonce une gestion dévoyée, une centralisation abusive à Kinshasa et l’immixtion politique qui paralysent le processus d’indemnisation des victimes des atrocités ougandaises.

Le 17 février dernier, les rues de Kisangani ont vibré au rythme d’une colère sourde mais légitime. La manifestation des victimes des actes illicites de l’armée ougandaise n’est pas qu’un simple mouvement d’humeur ; c’est le reflet d’une souffrance qui dure depuis trop longtemps. Pour l’honorable Patrick Matata, cet événement doit interpeller les consciences au plus haut niveau. Les stigmates des violences subies dans la Grande Orientale sont encore vifs, et l’attente d’une justice réparatrice devient insupportable.

Au cœur de la critique de l’Honorable Matata se trouve le fonctionnement du FRIVAO (Fonds de Réparation des Victimes d’Activités Illicites de l’Ouganda). Alors que cet établissement public a été conçu comme un levier de justice sociale, il semble aujourd’hui otage de pesanteurs bureaucratiques.

« Cet état des choses est lié à l’immixtion exagérée du Ministère de la Justice dans la gestion courante de cet établissement », martèle le Député National.

L’élu rappelle avec force le cadre légal : en vertu de l’article 4 du décret n°19/20 du 13 décembre 2019, le Frivao doit jouir d’une indépendance totale. Sa mission est claire : gérer avec équité et transparence les fonds alloués par l’Ouganda à la RDC. Or, entre la lettre du décret et la réalité du terrain, un fossé abyssal s’est creusé.

L’un des griefs les plus saillants soulevés par le Professeur Patrick Matata est la violation flagrante de l’article 3 du décret de création, qui fixe le siège social du Frivao à Kisangani.

Dans une métaphore cinglante, l’élu dénonce des organes de gestion qui ont « déserté » la capitale de la Tshopo pour aller « squatter les couloirs du Ministère de la Justice à Kinshasa ». Ce déracinement administratif n’est pas seulement une entorse à la loi ; c’est une rupture de contact physique et moral avec les victimes qu’ils sont censés servir.

Le réquisitoire s’attaque également au casting humain de l’institution. Patrick Matata pointe du doigt des nominations au sein du Conseil d’Administration qui ne respecteraient ni la lettre, ni l’esprit du décret.

– Manque d’histoire : Des dirigeants sans lien avec les atrocités commises.

– Manque de compassion : Des profils technocrates déconnectés de la douleur des victimes.

Face à ce qu’il qualifie de dérive administrative, l’honorable Patrick Matata ne se contente pas de dénoncer ; il trace une feuille de route pour restaurer la crédibilité du processus :

1. Le Retour à l’orthodoxie de gestion : Il exige le strict respect des principes d’indépendance et de transparence. Sans une gestion autonome, la confiance des populations restera brisée et les fonds risquent de s’évaporer dans les méandres de la bureaucratie kinoise.

2. La territorialité de l’indemnisation : L’élu réclame l’ouverture immédiate des bureaux de Kisangani. Le processus d’indemnisation doit se poursuivre sur place, là où les victimes vivent et souffrent, jusqu’à l’apurement total des listes de personnes identifiées.

3. L’extension du rayon d’action :La souffrance ne s’arrête pas aux frontières de Kisangani. Le Professeur Matata préconise l’extension des activités de FRIVAO vers Bunia, Buta et Isiro. Cette démarche inclusive vise à prendre en charge les victimes des provinces de l’Ituri, du Bas-Uele et du Haut-Uele, encore oubliées par le système actuel.

4. La réparation collective : Enfin, l’honorable Patrick Matata met l’accent sur la dimension collective de la réparation. Il appelle au démarrage urgent des travaux de réhabilitation de la centrale hydroélectrique de Tshopo 1. Ce projet n’est pas qu’une question d’infrastructure ; c’est une reconnaissance économique et sociale due à toutes les couches de victimes pour le préjudice subi par l’ensemble de la communauté.

Pour l’honorable Patrick Matata Makalamba, le Frivao ne doit pas être un instrument de politique politicienne, mais un sanctuaire de justice. En tant que Député National et Professeur des Universités, il rappelle que la gestion d’un tel fonds requiert de la compassion, de l’expertise et surtout, une proximité géographique et émotionnelle avec les victimes.

La balle est désormais dans le camp du Gouvernement. Le respect des textes légaux et la dignité des populations de la Grande Orientale en dépendent.

Jerry Lombo


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